J'en suis sûr

mais

je n'ai pas de preuve absolue


 

Bonjour chères lectrices, chers lecteurs,


 

Après une longue absence faute de temps, je profite du confinement pour reprendre contact avec vous, car il semblerait que ce soit la meilleure des choses actuellement, que de garder le contact et de se soutenir mutuellement.


 

L'autre raison de mon retour par newsletter interposée est bien sûr l'actualité et un fait en particulier, une personne en particulière que nous connaissons tous: le professeur Didier Raoult.


 

Avant d'aller plus loin, laisser moi vous raconter une histoire.


 

Maintenant donc, je m'apprête à vous raconter comment Spider-Man, héros de bande dessinée, vendue à des millions d'exemplaires, adapté au cinéma et vu par des millions de spectateurs dans le monde entier, a vu le jour!


 

C'est une histoire vraie, bien que parfois, il est difficile, même pour l'inventeur de ce super héros, d'y croire alors qu'il avait déjà inventé les quatre fantastiques (équipe de super-héros évoluant dans l'univers Marvel de la maison d'édition Marvel Comics) et les X-Men deux blog buster de la bande dessinée fantastique.


 

Un jour l'éditeur de Stan Lee donc (scénariste et inventeur de supers héros) est venu vers lui et il a dit: "Stan, je veux que tu inventes un autre super héros!". Stan Lee est rentré chez lui et quand son éditeur disait de faire quelque chose, il avait intérêt à le faire parce qu'il voulait garder son travail. Il s'est alors interrogé pour savoir ce qu'il pouvait inventer car la chose la plus importante chez un super héros tout d'abord, c'est le super pouvoir. Une fois que vous avez ça tout le reste vient tout seul. Il s'est alors demandé quel pouvoir il voulait donner à son nouveau gars. Et il a vu une mouche ramper sur le mur. Il s'est alors dit "hey! Et si je pouvais avoir un super héros qui pourrait coller au mur et ramper dessus, ça alors ce que ça serait cool!" Ensuite, il avait besoin d'un nom. Il a donc pensé à "fly-man", "mousquito-man" et il a trouvé "Spider-Man"!. Il trouvait qua ça avait une sonorité spectaculaire. Il avait son super héros!


 

Il avait donc son héros, son super pouvoir, son nom et ensuite, il s'est dit juste pour le fun, qu'il allait lui donner des problèmes personnels parce que, à part pour vous et moi, dont les vies sont parfaites, la plupart des autres gens ont des problèmes personnels. Il fallait donc que son héros, en coulisse, soit une personne lambda avec des hauts et des bas, des sentiments, des joies et des peines. Il s'est aussi dit qu'il allait faire un adolescent parce que il n'y avait pas de super héros adolescents qu'il connaissait à l'époque.


 

Alors armé de toutes ces merveilleuses intuitions, ses idées géniales, son enthousiasme, il a couru dans le bureau de son éditeur pour présenter sa trouvaille. 


 

Son éditeur s'est alors écrié "Stan ,c'est l'idée la plus mauvaise que j'aie jamais entendue !!" (sic) Et d'argumenter parce que son éditeur était un homme très logique, très intellectuel: "premièrement, les gens détestent les araignées donc tu ne peux pas appeler un héros spider man. Ensuite, tu veux qu'il soit un adolescent et les adolescents peuvent seulement être des acolytes et tu veux qu'ils aient des problèmes personnels. Stan ne sais tu pas que c'est un super héros? ils n'ont pas de problèmes personnels!" Stan Lee a alors quitté le bureau déçu mais il ne pouvait pas sortir « spider-man » de sa tête.

Ils étaient par ailleurs sur le point de tuer un magazine qui devait s'appeler "amazing fantasy". Il ne se vendait pas bien et ils envoyaient le dernier numéro à la presse. Quand vous faites le dernier numéro d'un magazine, personnes se préoccupe de ce que vous mettez dedans parce que le magazine est en train de mourir. Juste pour sortir Spider-man de sa tête, il l'a mit dans le magazine et présenté sur la couverture. Il a ensuite sorti cette histoire de sa tête et étais passé à autre chose. Un mois plus tard, tous les chiffres de vente sont arrivés. Son éditeur est venu en courant dans son bureau: "Stan, Stan! Tu te souviens de ce personnage qu'on aimait tant tous les deux?" "spider man?" dit Stan Lee. "Oui! faisons de ce truc une série!" dit l'éditeur......


 

Dans cette histoire, il y a un happy end mais combien d'idées sont mortes avant d'être nées? Combien d'idées avortées: par manque de poids dans l'entreprise, parce que cela ne correspondait pas à la stratégie de l'entreprise qui est dans une phase où les investissements sont gelés pour faire belle la mariée dans le cadre de l'entrée au capital d'un edge fond. Combien d'idées sont mortes parce que ce n'était pas la priorités des dirigeants? Ou parce qu'on veut un copier-coller de ce qui a marché précédemment dans l'entreprise ou chez le concurrent? etc, etc....


 

Ne sommes-nous pas en train de vivre cela dans le cadre du COVID-19? Nous avons ici un expert infectiologue, professeur de microbiologie, spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes (tout est dit dans le titre: émergentes!) qui propose un traitement peu coûteux, déjà éprouvé, déjà approuvé, avec délivrance sans ordonnance et qui est refusé par nos dirigeants. Sans rentrer dans de la paranoïa, ni dans le complotisme, n'étant pas dans les plus hautes instances, je constate.


 

Peut-être que nous n'avons pas assez de tests en stock. Peut-être que, dans la coutume de la France, il est bon de faire preuve de prudence en l'absence de tests à grande échelle comme c'est le cas pour la sortie de n'importe quel traitement. Mais est-ce que l'urgence ne justifie pas de prendre un risque....mesuré.


 

En effet, les conséquences sur l'organisme d'un traitement ne sont pas toujours exclusivement bénéfiques, mais peuvent s'accompagner d'effets indésirables, plus ou moins sévères, plus ou moins intenses ou fréquents. Il n'y a pas d'exemple de traitement largement utilisé, qui n’ait, un jour ou l’autre, provoqué un effet fâcheux, parfois sérieux. La prise de décision doit donc prendre en compte les effets bénéfiques et les effets négatifs. Les questions sont  : « Est-ce que le risque lié aux effets indésirables est acceptable compte tenu de la maladie traitée ? », « les effets indésirables ne contrebalancent-ils pas la totalité du bénéfice ? ». Le professeur Raoult, de part son expérience et expertise, dispose de beaucoup de données mais n'a pas de certitude, ni de preuve absolue mais le risque ici est quand même mesuré puisque le médicament était déjà en vente, sans ordonnance, donc déjà testé et validé avec des effets secondaires maîtrisés et connus. D'autant plus maîtrisé car administré dans un cadre hospitalier par des spécialistes des virus, qui connaissent le dosage et la posologie.


 

Bref, au delà de la polémique, nous assistons ici à ce que nous avons vu maintes fois auparavant. Je peux vous citer beaucoup d'exemple de gens que l'on a traité de fou auparavant et qui sont adulés et encensés en tant que génies aujourd'hui: Galilée, Copernic, Newton, Freud, Einstein, Steve Jobs....Tous traités de fous. Fous parce qu'ils ne voyaient pas les choses sous le même angle que l'ensemble de la communauté. Et ça, l'être humain ne le supporte pas parce que ce n'est pas dans ses gènes. 


 

En 1960 des chercheurs américains ont mené une série d'expériences qui reflète bien la situation actuelle sous prétexte d'étudier les particularités de la vie urbaine. Ils demandent à un volontaire de remplir un questionnaire mais la vraie expérience n'a rien à voir avec ce questionnaire parce que pendant que le volontaire est assis dans la salle d'attente, la pièce commence à se remplir de fumée.


 

Dans cette situation, la majorité des sujets réagissent comme nous le ferions tous, c'est à dire qu'ils inspectent la source de fumée et une fois qu'ils ont confirmé le problème et sortent de la pièce pour prévenir quelqu'un qui se passe quelque chose d'inquiétant. Mais les chercheurs ont aussi mis en place une seconde version de sa situation où le volontaire n'est pas seul dans la pièce. Il est entouré d'autres personnes qu'on lui présente comme des participants à la même étude, mais qui sont en réalité des complices des chercheurs les complices ont pour instruction de ne pas réagir à la fumée et de se comporter comme si tout était parfaitement normal dans ces conditions. Le volontaire remarque tour la fumée qui remplit la pièce mais son premier réflexe n'est pas d'aller prévenir quelqu'un: c'est de regarder autour de lui pour voir comment les autres réagissent. Comme personne autour de lui ne réagit le volontaire décide que tout est normal et continue à remplir tranquillement son questionnaire même quand il se met à tousser et il a les yeux qui piquent entouré de complices qui font comme si de rien n'était. Seul un volontaire sur dix donne l'alerte.


 

Il y a trois facteurs psychologiques en jeu dans cette étude. Le premier, c'est la diffusion de la responsabilité: seul dans la pièce alors qu'elle se remplit de fumée, c'est ma responsabilité de réagir mais s'il y a plein de monde autour de moi, je me dis que quelqu'un d'autre va s'en occuper. Le second facteur, c'est que nos réalités sont construites socialement. Nous observons le comportement des autres pour évaluer la situation. Tout le monde est calme alors on en conclut que tout va bien si tout le monde panique, alors on décide que la situation est critique. Le troisième facteur est la peur du ridicule. Ca paraît bizarre de laisser brûler un bâtiment entier parce qu'on a peur d'avoir l'air ridicule au cas où le danger n'est pas réel ....


 

Et nous retrouvons aujourd'hui ces trois facteurs. D'abord parce qu'on ne parle pas de décision du président mais du gouvernement (diffusion de la responsabilité). Ensuite, que font les autres gouvernements et faisons en fonction. Enfin, rappelons Roseline Bachelot qui avait été très critiqué pour sa gestion du H1N1 et qui avait acheté des millions de masques et des millions de vaccins....Il serait ridicule de reproduire cela?


 

Tout ceci peut être concentré et synthétisé par le prisme du biais de normalité. Si vous ne faites pas comme les autres vous n'êtes pas normal. Si vous n'est pas normal, vous êtes fou. Et il faut dire que le look du professeur ne plaide pas en sa faveur (humour)


 

Alors que faut-il faire?


 

Pour innover, il faut peut être voir au delà de la norme, dépasser les normes. Certains diront que vous êtes hors-normes. Donc fou. C'est ce que beaucoup diront de vous si vous allez trop loin dans vos idées. Mais être en dehors des normes ne veut pas dire s'en affranchir. Mais c'est rajouter de l'idéalisme à la norme, de la rêverie à la norme et ce dire: "et si...."


 

Et si, la solution n'est pas dans la recherche dans un nouveau traitement. Et si ce traitement nous l'avions déjà? 


 

Longtemps, les gourous de la créativité disaient de penser OUT OF THE BOX. Et si nous pensions IN THE BOX, avec les éléments que nous avons déjà ? Pour trancher ce débat, je dirais que cela dépend. Par ailleurs, si une idée émerge, selon moi, l'une des solutions est de tester l'idée à petite échelle avec une identité forte, sans la diluer, sans l'édulcorer, en gardant sa substantifique moelle. 


 

Mais il est vrai que parfois, juste en constatant, on peut innover, inventer. Comme Stan Lee qui lorsqu'il a vu une mouche ramper sur le mur, s'est alors dit "hey! Et si je pouvais avoir un super héros qui pourrait coller au mur et ramper dessus, ça alors ce que ça serait cool!"

© 2016 MIKA NAK OFFICIEL

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